Déshabillons les idées reçues
Les différentes positions…

La chronique de Jannick Achour
Psychologue clinicienne, Psychothérapeute, Sexologue

Quand on parle de positions sexuelles, ce qui vient d’emblée à l’esprit sont celles illustrées dans le célèbre recueil érotique hindou Kâma-Sûtra qui, rappelons le, ne représentent qu’une des sept parties de ce livre, le reste renfermant des trésors de conseils sur l’art de l’amour et de la séduction pour une vie harmonieuse. S’adressant d’abord aux femmes, puis aux hommes et aux courtisanes, il traite de ce que doit savoir toute personne cultivée en termes de séduction, et promeut aussi la maîtrise des caresses, des baisers, des morsures et autres fantaisies dans l’acte sexuel qui ne se réduit pas à la seule pénétration.

Le propos qui va suivre est de facto hétéro centré et le parti pris est celui des femmes, plus particulièrement lorsqu’elles sont pénétrées lors de l’acte sexuel, laissant ainsi volontairement de côté les préliminaires. Il sera donc réducteur, mais à dessein de mettre le focus sur les positions qui procurent assurément du plaisir aux femmes car, nous le savons toutes, ce que l’homme désire le plus est de faire main basse sur le grand joyau que possède toute femme… son entrecuisse chaude et humide. Et nous autres femmes adorons aussi accueillir en nous le membre viril et tendu de désir de l’homme.

 

Les sondages sur les pratiques sexuelles sont légions dans les magazines et sur la toile mais, en général, ils font la part belle aux positions qui assurent du plaisir à l’homme. Nous ne rappellerons jamais assez que seules 30% des femmes obtiennent un orgasme lors d’une pénétration vaginale.Cela veut donc dire que plus des deux tiers n’y parviennent pas.

 

Il convient donc de rappeler que le must pour atteindre le 7ème ciel lors d’une pénétration consiste à accompagner les mouvements intra-vaginaux de caresses clitoridiennes, des mamelons, de toutes parties du corps sensibles avec ses propres doigts, ceux du partenaire ou d’un vibromasseur…tout cela mâtiné d’images érotiques et de fantasmes pour multiplier les chances de jouir. Nous nous intéresserons aux positions qui permettent des caresses, des frottements, des baisers, celles dont l’angle de pénétration massent et stimulent la paroi interne du vagin ou point G, celles qui par la profondeur de la pénétration viennent percuter ou bousculer le col de l’utérus… Mais dans tous les cas, les positions à adopter sont celles qui conviennent au contexte émotionnel, relationnel et situationnel de chacun.

 

En effet, faire l’amour dans un lit ou dans un lieu insolite ne permet pas d’adopter les mêmes positions, avoir toute la nuit ou bien juste un moment ne procède pas non plus des mêmes considérations. C’est pourquoi le répertoire se doit d’être varié et expérimenté afin de s’adapter à toutes les situations rencontrées ou à inventer. Confort et accessibilité devront être les maîtres mots pour guider les choix. Et quoi qu’il en soit, c’est à chaque femme d’expérimenter et d’oser avouer à son partenaire le chemin du plaisir assuré. Encore faut-il avoir une parfaite connaissance de son corps et de ses zones érogènes, une certaine confiance en soi et en l’autre pour révéler son authentique moi féminin, et faire fi des conventions et autres morales.

Sonia Feertachk dans son livre « les femmes s’emmerdent au lit », partant du constat du tiraillement des femmes au sujet du féminisme et de leur envie de plaire, a défini un merveilleux concept, celui de « féminette » contraction de midinette et de féministe pour évoquer celles qui osent laisser tomber leurs habits de féministes pour ne pas ressentir un manque de respect ou une impression de domination dans certaines positions.

 

 

 

 

Les sondages montrent que les variations positionnelles des couples ne dépassent jamais plus que trois positions. Il suffit de faire un sondage autour de soi pour se le faire confirmer.

 

Alors quelles sont donc les positions qui procurent le plus de plaisirs aux femmes et qui par conséquent, rendent grâce aux hommes de leur talent d’amant ? Cette présentation non exhaustive, ne peut rendre compte des capacités créatrices et imaginatives nécessaires à chacun dans sa quête de sensations. Nous pourrions partir des possibilités offertes par la nature humaine et les faire varier pour approcher des cinquantaines de positions existantes. Ainsi, en résumé nous aurions les positions suivantes : la femme sur l’homme, l’homme sur la femme, l’homme derrière la femme, des partenaires sur le côté ou debout.

 

  • Commençons par les variations autour de la position la plus connue et pratiquée, celle du Missionnaire où l’homme pénètre sa partenaire qui, allongée sur le dos, positionnera ses jambes selon l’angle et la profondeur de pénétration recherchée pour le maximum de sensations. Cette position mérite qu’on la débarrasse de son carcan romantique et plan plan car, pour peu que la femme ne s’identifie pas à une étoile de mer en attendant que son partenaire la lui décroche (l’étoile), elle peut participer activement à la recherche de son plaisir. Et en plus d’être confortable, cette position permet un corps à corps propice aux échanges de regards, de baisers et autres caresses mutuelles. Je vous laisse à vos rêveries créatives.

 

  • La position d’Andromaque est celle dans laquelle la femme est à califourchon sur son homme allongé sur le dos et prend la direction des opérations. En effet, qu’elle soit assise, accroupie, de face ou de dos, c’est elle qui choisit le rythme, la profondeur et les mouvements de son bassin, source de plaisir et de sensations. Position appréciée de l’homme et idéale pour l’éjaculateur rapide, il peut rester passif dans ses mouvements tout en s’occupant du clitoris de sa partenaire, se délectant de la vue de sa belle se trémoussant sur son membre viril. Il peut aussi lui saisir les hanches pour imprimer la cadence recherchée.

 

  • La célèbre classique et indémodable Levrette dans laquelle l’homme pénètre sa partenaire par derrière et ce, qu’elle soit allongée, sur le ventre, à quatre pattes ou encore debout, le torse penché vers l’avant. Et oui, il faut savoir se montrer flexible et souple parfois. En plus d’une pénétration profonde que cette position permet, l’angle formé par cette position permet la stimulation du point G et de toute la partie interne du clitoris, mais également la possibilité d’une stimulation digitale du clitoris. Position plébiscitée par les hommes qui la trouvent très excitante pour la vue plongeante sur les fesses et hanches des partenaires qu’ils pourront saisir allègrement, afin de décider du rythme et de l’intensité de leurs coups de reins. Mais position délicate pour les hommes qui auraient tendance à éjaculer trop rapidement.

 

  • Les positions où les partenaires sont sur le côté face à face ou alors l’homme derrière la femme (position de la petite cuillère idéale lors de la grossesse). La pénétration est moins profonde, encore qu’il suffit de replier les jambes, mais ces positions offrent la possibilité de serrer les cuisses afin d’intensifier la sensation. L’avantage est que l’homme se trouvant derrière sa partenaire, peut s’occuper longuement de son clitoris l’amenant à coup sûr au firmament du plaisir. Et lorsqu’ils se font face, les amants peuvent s’étreindre et s’embrasser intensément.

 

  • Les positions où la femme est assise sur son homme, lui-même assis sur une chaise ou un bord de lit permettent un angle de pénétration et une profondeur sensibles malgré une moindre amplitude de mouvements. En outre, l’emboîtement et l’enlacement qu’elles permettent entraînent un sentiment de fusion totale avec l’autre.

 

  • Les positions où l’homme et la femme sont debout face à face ou l’homme derrière la femme sont très excitantes et par là sources de plaisir intense. Elles sont souvent valorisées au cinéma dans des scènes de rencontres sauvages, rapides dans des lieux et des contextes insolites. Pour les réussir, il suffit d’un point d’appui et d’un peu d’équilibre pour se laisser aller à une telle prise sexuelle.

Ainsi, les positions classiques peuvent se décliner en une multitude de champs des possibles pourvu qu’on y intègre une dose de créativité, voire de co-créativité car une relation épanouie se pratique à deux. N’oublions jamais que le plaisir ressenti est proportionnel à ce que l’on met d’ardeur et de coeur à l’ouvrage… la participation et l’implication de chacun figure les deux mamelles d’un acte sexuel réussi.